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Association des
Amis du Vieil Arles

Nous vous présentons ici l'éditorial et la rubrique Entre nous des huit derniers bulletins émis.

Les parutions antérieures sont disponibles dans leur intégralité à la page Bibliothèque.

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Bulletins

​N°175 - Juin 2018


- ÉDITORIAL
Par Vincent RAMON


- L’HÔPITAL AUXILIAIRE N° 47 DU COMITÉ
DE LA CROIX-ROUGE D’ARLES (1914-1917)
Par Christophe GONZALEZ


- LA RUBRIQUE DU MUSÉE BLEU :
LA FOLLE HISTOIRE D’ARLES RHÔNE III (SUITE)


- LUC JALABERT (1951 - 2018)
Par Jacques GARCIN


- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
ENQUÊTE ETHNOGRAPHIQUE AU MUSEON
Par Kristel AMELLAL


- LES GRAFFITI DU GRAND MAS DE SALIERS
Par Gérard VIAL


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ÉDITORIAL


« Je suis d’Arles ! » Combien de fois n’a-t-on pas donné cette réponse à l’interrogation curieuse d’un nouvel ami rencontré aux hasards de la vie ! Combien de fois, par cette réponse n’a-t-on pas aussitôt ressenti ce sentiment mitigé entre fierté et humilité.


Fierté à la vue du visage de cet ami qui s’illumine aussitôt tant ce nom évoque instantanément pour lui une destination magique où 21 siècles d’histoire et de culture sont magnifiés par le label UNESCO !


Humilité, tant notre vision au quotidien relativise cette impressionque vient confirmer la presse locale par ses indiscrétions si réalistes ! Quel contraste en effet entre un évènement mondial qui illumine nos Alyscamps par le coup de baguette magique (et quelques centaines de milliers d’euros !) d’un grand de la mode, et cette jeune maman qui s’alarme de l’état sanitaire du jardin d’enfant où elle va tous les jours avec son bébé ! Contraste aussi entre la foule de visiteurs de toutes les nationalités qui arpentent les rues du centre ville et un chantier dans le parking des Lices qui en ce début de saison touristique dépasse la durée prévue des travaux et dure plusieurs semaines ! Contraste enfin entre la qualité des acteurs culturels de la ville, y compris des élus, qui par leurs animations font rayonner la ville et l’inertie intrinsèque communale qui inhibe toute expression d’une vraie ambition pour notre ville !


Finie la complainte « Arles, ville pauvre » (en euros) car sa richesse culturelle peut et doit lui offrir un nouvel élan que l’économie touristique peut lui donner sans rechigner ! 2000 ans d’histoire nous ont démontré qu’il n’y a pas de fatalité arlésienne à être « dans le pétrin » !


Alors comme l’a écrit et chanté Serge Reggiani : « il suffirait de presque rien… » pour changer le cours de notre vie quotidienne et la mettre en adéquation avec son image !


Nous pourrons alors afficher ostensiblement notre fierté d’être « Arlésien » et si besoin relire dans le hall de notre bel hôtel de ville la citation de notre maitre Frédéric Mistral :


Arle ! O, tu que siés estado tout ço que l’on pòu èstre, la metroupòli d’un empèri, la capitalo d’un reiaume e la matrouno de la liberta.


De quoi être fier ! Très fier !


                                                                                                                                                                        Vincent RAMON


​N°174 - Mars 2018


- ÉDITORIAL
Par Vincent RAMON


- LA RUBRIQUE DU MUSÉE BLEU :
LA FOLLE HISTOIRE D’ARLES-RHÔNE 3
Par Sabrina MARLIER


- L’EXTRAORDINAIRE ODYSSÉE D’IVAN PETROVITCH
PRANISHNIKOFF, RUSSE, GARDIAN, CITOYEN DU MONDE
Par Michel GAY


- LE CANAL SAINT-LOUIS ? UN TRAVAIL DE ROMAIN !
Par Max DANIEL


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ÉDITORIAL

N’a-t-on jamais entendu dans une conversation entre Provençaux authentiques opposer les mots « tradition » et « folklore », donnant à ce dernier, non sans une certaine ironie, une connotation dérisoire, jusqu’à en être galvaudé comme dans l’expression « c’est du folklore » ? Selon un constat assumé, là où le touriste vient découvrir le folklore, l’autochtone assure lui la maintenance des traditions.

Et pourtant, si la guerre de 1870 a exalté l’unité nationale, elle a en même temps éveillé le sentiment d’appartenance régionale ! En cette fin du XIXe siècle, c’est ce sentiment qui inspire Frédéric Mistral lorsque, aidé par son ami et spécialiste du genre, le Dr Marignan, il se mit en quête des objets courants de la « vie vivante » pour créer son musée de la tradition provençale, notre Museon Arlaten ; pour cela il fit appel aux études folkloriques, qui avaient leurs racines au XVIIIe siècle dans les travaux des encyclopédistes français. Il convient aussi de se rappeler que plus tard, en 1937, sous l’impulsion de Georges Henri Rivière, les fondateurs du musée national des arts et traditions populaires de Paris avaient d’abord songé à l’appeler « musée du Folklore » ; mais cette dénomination fut rejetée en raison de ses connotations archaïsantes. Ce choix témoigne a dès lors d’un changement théorique dans l’étude du folklore entendu comme « civilisation matérielle, structure sociale, tradition et littérature orales » qui allaient devenir l’ethnographie puis l’ethnologie de la France.

Mais nous n’oublions pas que c’est le costume qui a d’abord été considéré comme le signe distinctif des traditions régionales. Parallèlement les arts et traditions populaires, l’artisanat et la vie paysanne ont été peu à peu considérés comme des valeurs patrimoniales à part entière, reliant les générations précédentes à leur passé. Le mouvement très populaire, et souvent d’initiative locale, des écomusées a permis la recherche et le sauvetage de bien de témoignages de cette vie passée qui sans cela seraient définitivement perdus. Les traditions orales, jusques et y compris dans les sociétés industrielles développées, tendent à rejoindre le trésor culturel commun, comme en témoigne l’adoption en 2003 par l’UNESCO de la convention pour la sauvegarde dupatrimoine culturel immatériel.

Alors, pour conclure, il convient de réconcilier folklore et tradition, lesquels participant ensemble à l’expression d’une identité régionale, peuvent être rassemblés sous le même vocable de patrimoine régional.

Pour Arles, avec une certaine dose d’ambition et un peu d’imagination, il n’est pas utopique d’envisager que l’Espace Mistral, devenu le pôle culturel et associatif des traditions souvent évoqué dans les discours officiels, pourrait assurer la complémentarité vivante du Museon Arlaten et réconcilier ainsi tradition et folklore !

                                                                                                                                                                                         Vincent RAMON

À ce sujet, il n’est pas anodin d’avoir à cet instant une pensée émue pour Florence Clauzel, Pierre Aubanel, Alain Granier et Luc Jalabert qui viennent de nous quitter, et qui étaient des professionnels estimés mais aussi des acteurs reconnus de la maintenance de nos traditions.


​N°HA13 - Décembre 2017


- AVANT-PROPOS
par Vincent RAMON, président des Amis du Vieil Arles

- PROGRAMME DU COLLOQUE

- ALLOCATION D'OUVERTURE
par Vincent RAMON, président des Amis du Vieil Arles.

DU FORUM AU THÉÂTRE : LES SIGNES DU POUVOIR DANS LA  COLONIE D'ARLES
par Pierre GROS, professeur émérite de l’Université de Provence.

LES LIEUX DE POUVOIR À ARLES DANS L'ANTIQUITÉ TARDIVE (IVe-VIe s.)
par Marc HEIJMANS, docteur en archéologie, CNRS-Centre Camille Jullian
d’Aix-en-Provence, membre de l’Académie d’Arles.

LE LION, SYMBOLE DU POUVOIR MUNICIPAL ARLÉSIEN
par Jean-Maurice ROUQUETTE, conservateur en chef honoraire des musées d’Arles, président de l’Académie d’Arles.

L’ORDRE DE MALTE À ARLES
par M. Régis DE MIOL-FLAVARD, chevalier de l’Ordre de Malte, membre de l’Académie d’Arles.

LE PALAIS DE LA COMMUNE D'ARLES
par Vanessa EGGERT, attachée de conservation

L'HÔTEL DE VILLE D'ARLES, SYMBOLE DU POUVOIR COMMUNAL : ÉLABORATION D'UN SACRÉ LAÏC
par Michel BAUDAT, docteur en histoire de l’art, vice-président de l’Académie d’Arles

 

 


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AVANT-PROPOS


Six années se sont écoulées depuis la tenue de ce colloque organisé, selon la volonté de notre défunt président Henri CÉRÉSOLA, pour commémorer les 40 ans de la refondation des Amis du Vieil Arles en 1971.
Nous ne reviendrons pas ici sur les raisons de ce trop long délai avant la publication des actes de ce colloque. Nous nous réjouissons d’être enfin en mesure de les présenter aujourd’hui, en hommage à Henri CÉRÉSOLA d’une part, mais également en offrant à nos adhérents cette publication en sus des quatre bulletins qu’ils reçoivent habituellement
chaque année.
Rassurons-nous en constatant que le thème adopté pour ce colloque, Les lieux de pouvoir à Arles depuis l’Antiquité, permet aux textes réunis ici de conserver toute leur pertinence en dépit du temps passé depuis cette mémorable journée du 20 novembre 2011.

                                                                                                                                                              Vincent RAMON


​N°173 - Décembre 2017


- ÉDITORIAL
Par Vincent RAMON

- LA CABANE CAMARGUAISE ET SES DÉCLINAISONS
Par Jean-Claude DUCLOS

- QUELQUES CONTACTS ARLÉSIENS DE VAN GOGH
Par Jean-Marie MAGNAN

- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
LE MUSEON SE VISITERA AUSSI « EN DOUCEUR »
Par Céline SALVETAT et Regina PASTOTTER

-1877, LES DÉBUTS DE « L’ASILE DES VIEILLARDS »
OU ENCLOS SAINT-CÉSAIRE
Par Magali TAVAN

- GEORGINE OU LA FOLLE D’ARLES
Par Yves KERVREL

 


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ÉDITORIAL

Le hasard existe-t-il et si oui, fait-il toujours bien les choses ? On peut s’interroger positivement si l’on observe cette coïncidence qui veut que les AVA viennent de publier, six ans après sa tenue, les actes duncolloque sur « les lieux de pouvoir à Arles », quelques mois après le dernier bulletin de septembre (re-)présentant Antonelle, fondateur et chantre arlésien du concept de démocratie représentative !

L’actualité n’est-elle qu’un éternel rappel de l’histoire ? La fin de l’année a semblé en effet le confirmer par des initiatives et des rapports de force citoyens, pour lesquels d’ailleurs les AVA ont plus été considérés comme des spectateurs passifs que comme des acteurs putatifs ! Dans cet esprit, les initiatives publiques et privées sont révélatrices : après le conseil des Sages, la Ville crée le conseil citoyen afin d’augmenter le nombre de lanceurs d’alerte ! De même face à la cacophonie publique autour du devenir d’un monument labellisé « patrimoine XXe siècle », création d’un « collectif de citoyens indépendants » souhaitant à l’appui d’un dossier technique irréprochable, sa pérennisation sur site ou ailleurs, chacun réclamant en finale l’arbitrage (tardif) en sa faveur de la ministre de la Culture par ailleurs Arlésienne ! Cet imbroglio ne va-t-il pas aboutir à une solution qui ne satisfera personne et encore moins ne valorisera « l’image patrimoniale » de la ville ?

L’histoire n’est-elle qu’un éternel recommencement ? Il suffit d’imaginer les débats arlésiens et nationaux entre 1843 et 1856, saluant la victoire de LAMARTINE pendant que Prosper MÉRIMÉE, inspecteur général des Monuments historiques, poursuit sa mission de protection des monuments et que se produit, selon l’expression de Jean-Maurice ROUQUETTE, le plus grand carnage archéologique que la ville ait connu, celui des Alyscamps, sacrifiés aux intérêts industriels afin de permettre le passage du chemin de fer et l’installation des ateliers PLM. Alors aujourd’hui s’agit-il d’un juste retour des choses pour ce site et pour le rayonnement moderne de la ville ? Et pourtant l’image de celle-ci est contrastée en ces années 1830 : alors que l’amphithéâtre retrouve progressivement la lumière avec la démolition des maisons qui l’occupent depuis des siècles, voici ce que rapporte STENDHAL, à l’été 1837, dans les Mémoires d’un touriste (en l’occurrence lui-même) : « J’ai passé de nuit à Arles et ne puis en rien dire. » Dans l’encyclopédie ARLES, histoire, territoires et cultures (p. 939), Bernard THAON nous dit que « STENDHAL a eu l’intuition du portrait d’Arles sans doute le plus exact : l’esquisse de la ville-mirage… »

Gardons-nous ainsi d’appréciations extrêmes et relativisons avec la sagesse bienveillante de Jean D’ORMESSON : « Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.

                                                                                                                                                            Vincent RAMON


​N°172 - Septembre 2017


- ÉDITORIAL
Par Vincent RAMON

- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
RENCONTRE AVEC L’AGENCE TETRARC
Par Gaëlle LÉVÊQUE et Jean-Michel AMITRANO

- LE VISAGE RETROUVÉ DE PIERRE-ANTOINE ANTONELLE ?
Par Christophe GONZALEZ

- LE SERMENT, L’EXIL, LA MORT :
LE CLERGÉ ARLÉSIEN FACE AUX DILEMMES RÉVOLUTIONNAIRES
Par Michel BAUDAT

- L’ATELIER DES AVA - L’ATAIÉ DIS AVA
Par le groupe des « escoulan dóu dilun »

- IN MEMORIAM
RÉGIS DE MIOL-FLAVARD, AUTHENTIQUE RÉSISTANT (1923-2017)
Par Michel GAY


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ÉDITORIAL


Une rentrée tambour battant qui fait suite à un défilé estival de personnalités éminentes et influentes, à chaque fois guidées par notre ministre arlésienne de la Culture, pour des manifestations culturelles exceptionnelles, confirme le rayonnement incontesté de notre ville mais dissimule mal une certaine inquiétude sur son avenir. En effet comment ne pas s’interroger sur le contraste entre la réalité de la richesse de notre patrimoine, donc de notre potentiel, et le manque d’expression officielle de son devenir ? Et pourtant une exposition présentée dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine nous donne à espérer de la capacité de cette ville à faire face aux nouveaux défis ! Une sorte de récréation historique nous faisant (re)découvrir qu’un Arlésien a pris une place importante dans l’histoire de France lors des évènements de 1789. Pierre-Antoine Antonelle de Saint-Léger de Cabassole, dont les Arlésiens connaissent bien la place à l’entrée de la Roquette (et peut-être moins celui qui lui a donné son nom), abandonnant sa noblesse, se porta aux côtés du peuple d’Arles, qui subissait les effets de la pauvreté et du chômage, et transforma Arles en « laboratoire politique ». De facto, il en devint le premier maire le 15 février 1790 ; ses idées et son engagement politique donneront à la Ire République ses fondements dont le concept de démocratie représentative. Il est étonnant aujourd’hui de voir, 200 ans après, la redécouverte de l’histoire contrastée de cet homme si discret, malgré la tentative de réhabilitation d’Émile Fassin en 1870, et de se dire qu’il a fallu autant d’années pour que ce concept soit complété par celui de démocratie participative, si cher à nos politiques actuels !

Comment alors ne pas noter le rôle d’Arles à chacune des périodes marquantes de l’histoire de France (et nous sommes modestes !), et pas uniquement depuis son statut de colonie romaine qui a donné à ses habitants le titre de citoyens romains leur octroyant ainsi (et déjà !) la possibilité de prendre part aux délibérations du peuple dans les assemblées de la capitale. Arles a donc vécu pleinement la Révolution et Antonelle, en publiant en 1788 son opuscule « Le catéchisme du tiers état », a pris la tête, parmi les anonymes, du mouvement révolutionnaire.

Journées du patrimoine certes, mais cette exposition est un livre ouvert sur notre histoire et à ce titre donne à réfléchir, sans forfanterie, sur la dimension de notre ville et son rôle au fil de ces deux millénaires ; histoire jalonnée de ces « détails », qui devrait pousser tous les Arlésiens, y compris nos élus, à sortir de ce sommeil léthargique qui annihile leur volonté d’évoluer avec leur temps.

                                                                                                                                                            Vincent RAMON


​N°171 - Juin 2017


- ÉDITORIAL 
Par Vincent RAMON

- LOUIS JOU ET L’ACADÉMIE RÉGIONALE D’ARLES
(1941-1944)
Par Christophe GONZALEZ

- LA LORGNETTE
Par Christophe GONZALEZ

- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
LA RÉFECTION DES PERRUQUES DES DIORAMAS
Par Ghislaine VALLÉE

- L’AUBERGE DE LA GASCONNE
Par Antoine RIPERT

- LES ARLÉSIENS PRISONNIERS DE GUERRE - 1939-1945
Par Max DANIEL

- PRENDRE UN CHEVAL POUR COPAIN (POÈME)
Par le groupe des « escoulan dóu dimars »

- QUELQUES PREMIÈRES FOIS DANS L’AMPHITHÉÂTRE ARLÉSIEN
Par Jacques GARCIN

- FÉLIX LAMBERT ABSALON, ENFANT ABANDONNÉ À ARLES EN 1813
Par Robert BOUCHET

- IN MEMORIAM

 


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ÉDITORIAL

Comme toutes les années à la même période, nous jetons un œil mélancolique sur les sujets de philosophie du bac, non par curiosité, mais parce que les sujets sont souvent le reflet des préoccupations sociales du moment, et ce au-delà du fait de relever son propre défi « vous avez quatre heures pour rendre votre copie » ! À ce titre la cuvée 2017 met en exergue la vie, la science en écho à la raison, au bonheur, à la justice, à la vérité, à la beauté, à la liberté ! La période électorale est heureusement passée, sinon voilà tout un programme d’humanité ! Quelle bonne nouvelle qu’une grosse partie de notre jeunesse soit ainsi sollicitée pour réfléchir par elle-même, sans se voir imposer les avis médiatiques du moment diffusés sur les réseaux sociaux et dont les objectifs ne sont pas toujours avoués ; la méfiance est de rigueur et pour cela nos jeunes, entrainés par l’élan du groupe, n’ont pas ( encore) toute la sagesse requise pour décrypter le vrai du faux !

À ce sujet, l’un des textes proposés aux candidats bacheliers, extrait de l’œuvre de DURKHEIM Éducation et sociologie (1922), pose cette évidente affirmation : « On voit à quoi se réduirait l’homme, si l’on en retirait tout ce qu’il tient de la société : il tomberait au rang de l’animal ! » ; depuis très longtemps, et aujourd’hui encore, des activistes veulent nous faire croire à l’égalité de l’homme et de l’animal et, sous ce prétexte, susciter notre propre autocritique et nous élever contre nos traditions, notre culture et notre art de vivre en particulier provençal. Dans ce même texte, l’auteur donne la réponse indiscutable à ce questionnement : « Au contraire, les résultats de l’expérience humaine se conservent presque intégralement et jusque dans le détail, grâce aux livres, aux monuments figurés, aux outils, aux instruments de toute sorte qui se transmettent de génération en génération, à la tradition orale, etc. » Il n’est donc pas besoin d’évoquer les autres textes de l’année, Le Léviathan de HOBBES (1651), Dits et Écrits (1994) de Michel FOUCAULT, et enfin, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) de ROUSSEAU pour se convaincre qu’il y a grand danger à laisser se développer de telles idées car c’est notre liberté qui se trouverait très rapidement mise en péril !

Heureusement la prise de conscience est là et les forces vives de la maintenance de nos traditions se mobilisent pour assurer la promotion des patrimoines culturels immatériels tels que l’UNESCO les reconnait, mais la vigilance est de mise !

Quant à parler de Culture à Arles aujourd’hui, cela pourrait s’apparenter à une lapalissade !
                                                                                                                                                                                                         Vincent RAMON

 

 

 


​N°170 - Mars 2017


- ÉDITORIAL 
Par Vincent RAMON

- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
L'ODYSSÉE DU NEPTUNE DE LA MER AU MUSEON ARLATEN

Par Stéphanie BURLI  et Valérie SAMSON

- LE MENDIANT MERVEILLEUX ET LE CHASSE-COQUIN :
FIGURES ARLÉSIENNES DE LA MENDICITÉ AU XVIIE SIÈCLE
Par Marie-Françoise GRIFEUILLE

- LEÓUNCI
Par Mirèio COUSTON

- L'ONCLE D'AMÉRIQUE :
UN PROVENÇAL ET SA BELLE-FAMILLE ALSACIENNE
Par Christian SGHERRI

- LES FONDEMENTS DE  LA PENSÉE POLITIQUE ARLÉSIENNE :
Par Bruno BOURJAC

- LA LORGNETTE
Par Christophe GONZALEZ


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ÉDITORIAL

Petite devinette : « Je suis un monument national, appartenant au patrimoine immatériel ; mes origines sont romanes, et mes fondations grecques et romaines puis gauloises ; préparée par Robert ESTIENNE en 1539, complétée par Jean NICOT en 1606, dont le Thrésor a ouvert la voie à d’autres, je fus codifiée suivant l'ordonnance signée à Villers-Cotterêts le 15 août 1539 par le roi François Ier, puis placée par Louis XIV en 1739 sous la tutelle d’une administration royale dont Arles a sa propre entité, et qui vient de fêter ses 350 ans ; j’ai eu des chantres annonciateurs comme François DE MALHERBE et Nicolas BOILEAU, puis réalisateurs comme César-Pierre RICHELET (1680), Antoine FURETIÈRE (1690), enfin Denis DIDEROT (1751), VOLTAIRE (1764), Louis-Nicolas BESCHERELLE (1856), Émile LITTRÉ (1863), Pierre LAROUSSE (1866), Paul ROBERT (1950) ; mais il faut retenir que c’est en 1694, et pour la première fois, que l’Académie française publiera son Dictionnaire qui fera référence pour la langue française. » Car c’est bien de notre langue maternelle qu’il s’agit ! Pratiquée par plus de deux cents millions de locuteurs dans le monde, elle a chaque année sa semaine et en particulier sa journée de la francophonie comme ce fut le cas le 26 mars dernier.

Il s’agit donc bien là d’un patrimoine vivant qu’il est indispensable de sauvegarder comme les autres monuments, face à des attaques et des perversions insidieuses sous couvert de modernité et au moyen de l’outil numérique. Car la langue française est triplement menacée : par la langue anglaise qui insidieusement la dévore de l’intérieur, par nos élites qui en font un usage affligeant, enfin et surtout menacée d’être ignorée par les nouvelles générations à qui l’école n’apporte plus les moyens de l’apprendre. Le premier rempart contre cette fatalité est bien l’école et il est bon de rappeler comme l’écrit en 2013 Hélène CARRÈRE D'ENCAUSSE, membre de l'Académie française depuis 1990, élue secrétaire perpétuel en 1999, dans son plaidoyer À la reconquête de la langue française : « L’école s’est toujours donné pour mission de transmettre l’exceptionnel patrimoine littéraire français à des générations d’élèves en leur fournissant les outils nécessaires à sa compréhension et à son appropriation. » Or seule la volonté politique peut rendre à notre langue le respect et l’attention qui lui sont dus et du même coup son autorité et son influence ici et dans le monde. C’est donc vers le chef de l’État, son protecteur depuis le règne de Louis XIV, que comme l’Académie nous nous tournons et l’actualité nous le rappelle aujourd’hui.

Mais le rôle de la famille est également primordial car comme Saint-Exupéry l’écrit dans Terre des hommes : « La mère n’avait point seulement transmis la vie, elle avait, à ses fils, enseigné un langage, elle leur avait confié le bagage si lentement accumulé au cours des siècles, le patrimoine spirituel qu’elle avait elle-même reçu en dépôt, ce petit lot de traditions, de concepts et de mythes qui constitue toute la différence qui sépare Newton ou Shakespeare de la brute des cavernes. »

                                                                                                                                                                                                    Vincent RAMON

 

 


​N°169 - Décembre 2016


- ÉDITORIAL 
Par Vincent RAMON

- UN DOMAINE DU DELTA DU RHÔNE DU MOYEN ÂGE À AUJOURD'HUI : LE RADEAU
Par Jean-Claude DUCLOS

- LE RÉGIMENT DE SÉVILLE CAVALERIE À ARLES EN 1742
Par Robert BOUCHET

- LE COUVENT DES URSULINES D'ARLES
Par Robert RÉGAL

- LA « NAZETTE » OU LA POISON ARLÉSIENNE :
UNE AFFAIRE RETENTISSANTE DANS L'ARLES DE 1817
Par Michel BAUDAT

- DES NOUVELLES DU MUSEON ARLATEN :
LE MUSEON ARLATEN À L'HEURE NUMÉRIQUE

Par Patrick GAUTHIER

- RENCONTRE ARLÉSIENNE
Par Jean-Marie MAGNAN

 


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ÉDITORIAL

« Patrimoine et Citoyenneté », tel était le thème retenu cette année par le ministère de la Culture pour les Journées européennes du Patrimoine qui se sont déroulées les 17 et 18 septembre dernier. À la veille du début d’une campagne électorale majeure pour le pays, ce sujet dans sa symbolique pouvait être abordé par une réflexion philosophique autour d’un certain nombre de valeurs sociétales, mais aussi avec un certain pragmatisme tant son application au quotidien est loin d’être un exercice de style !


Conscients de cet enjeu, les AVA se sont astreints à décliner ce thème sous ces deux aspects mais avec une unité de temps et de lieu… comme il sied au théâtre ! Comme détaillé dans la rubrique Entre Nous du présent bulletin, c’est donc à l’Espace Mistral et durant la journée de samedi que nous avons souhaité à la fois décliner la version philosophique et aborder les travaux pratiques.


Dans son communiqué de presse, le ministère souligne à cette occasion le rôle majeur des associations pour la défense du patrimoine, en particulier culturel, comme un véritable enjeu de l’exercice de la citoyenneté et cela nous donne toute légitimité pour réfléchir et agir, sans oublier que cet engagement civique comporte aussi un caractère financier non négligeable.


Oserions-nous considérer que le Patrimoine évoque une notion de Bien, propriété de l’individu ou du groupe, et la Citoyenneté, la pratique et l’usage de ce droit de propriété ! Comment dès lors comprendre l’expression « citoyen du monde », si ce n’est à l’exemple de Luc HOFFMANN, qui vient de nous quitter et qui a consacré sa vie à la défense de ce patrimoine environnemental dont il n’était pas propriétaire mais simplement senti redevable vis-à-vis des générations futures ; ce qu’aujourd’hui la société appelle un engagement éco-citoyen, et qui peut se traduire par des opérations que les chercheurs qualifient de « sciences participatives ».


Toutes les (bonnes) volontés semblent tendre vers ce partage du bien commun patrimonial tel qu’il mobilise les AVA, y compris l’État qui vient de promulguer sur ce sujet la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, laquelle vient (enfin) moderniser et peut-être révolutionner celle du 31 décembre 1913 !


En cette période où l’esprit civique des Français est plus que jamais sollicité, et où l’obscurantisme et la barbarie se sont acharnés à détruire une partie de notre patrimoine mondial, il convient d’être plus que vigilant et, citant le philosophe Henri Bergson, d’affirmer que : « L'avenir n'est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire. »                                                                                                                                                      

                                                                                                                                                                                            Vincent RAMON